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Marie-Agnès Thulliez : Guérir des blocages émotionnels.

Cerveau, EMDR, Traumas, Stress, Angoisses, Manipulateurs, Pervers Narcissiques...

Abus sexuels-profil des protagonistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le profil des protagonistes

 
 
 





 
 

 

 

1.
LES ABUSEURS
2.
LES VICTIMES
3.
LE CONTEXTE FAMILIAL

 

1. LES ABUSEURS
 

Pour certains auteurs, tout abuseur sexuel est aux prises avec une pathologie importante.
Pour d’autres auteurs ils pensent que ce sont des sujets tout à fait normaux, ils pensent aussi que l’abus sexuel (surtout celui intra-familial) est surtout du à la particularité de la dynamique familiale.


Quant à l’opinion publique, le thème des abus sexuels n’est pas exempt de stéréotypes (gens ordinaires, ou exemplaires, et non des monstres à la base.
C'est pourquoi la classification des abuseurs sexuels est une entreprise extrêmement hasardeuse.


Mais on peut tout de même distinguer quelques points :



1) Selon Finkelhor (1984), L’abuseur sexuel est, dans la majorité des cas, un mâle.

  • La fille selon l’auteur apprend plus tôt à distinguer entre les formes sexuelles et non sexuelles de l’expression de l’affection ;
  • Le garçon, par contre interprète le succès sexuel comme plus nécessaire au développement de son identité. L’homme étant socialisé de manière à centrer son intérêt sexuel sur l’acte isolé de tout contexte affectif.


2) L’abus est le plus souvent le fait d’une personne connue de la victime (parents, amis, proches.).
   

Dans les cas d’abus intra-familiaux :

  • L’adulte incriminé est le plus souvent le beau-père.
  • L’inceste mère-fils est exceptionnel ou objet d’un tabou.
  • Souvent ce sont des individus provenant de classes défavorisées, mais il ne faut pas en faire une généralité car l’inceste existe aussi dans les classes dites favorisées mais le poids du silence et la peur du scandale jouent un rôle décisif.


3) L’abus sexuel est fortement lié à l’abus d’alcool Il peut jouer un double rôle :

  •  
  • Premièrement, comme désinhibiteur quant aux pulsions ;
  •   Deuxièmement, la détérioration physique et sociale reliée à l’abus d’alcool rendent les  partenaires moins accessibles le sujet devant alors se tourner vers les enfants (facteur significatif mais non causal de l’abus sexuel)


4) L’abuseur se rend coupable de multiples abus et il est généralement récidiviste.

   

De nombreux chercheurs rapportent qu’un bon nombre d’abuseurs ont connu eux-mêmes des expériences abusives dans leur enfance. On peut parler d’un cycle de violence sexuelle.


Les conclusions d’enquêtes sur la personnalité des abuseurs sexuels varient considérablement, allant de la normalité à la psychopathie, en passant par la démence et la perversion.

Leur niveau intellectuel se situe en général dans la norme.
 

Le profil psychologique:
 

Point de vue psychanalytique:

  • Dans la problématique qui consiste à déterminer le profil de l’abuseur sexuel, le symptôme comporte une dimension sexuelle.
  • Pour nombre d’abuseurs il peut paraître erroné de parler d’identité sexuelle car celle-ci est le résultat d’une organisation psychique et développementale qui fait défaut.
  •  
  • Le conflit psychique va générer une tension intrapsychique.


Pour que l’individu puisse retrouver une certaine aise, cette tension devra être « liée » et 3 modes principaux seront à disposition de l’appareil psychique :


1. La somatisation
2. Le passage à l’acte
3. La mentalisation


Pour les deux premiers points dès que la tenson se présente elle se lie dans le corps ou dans le passage à l’acte et cela sans détour par la pensée, la symbolisation, la fantasmatisation. Cela permet à l’individu d’obtenir satisfaction sur le plan mental avec différentes alternatives de gratifications différées. La personne qui mentalise sera moins sujet à la somatisation et au passage à l’acte.


Selon certains auteurs on peut distinguer 2 types d’abuseurs :


1. Le type « passif-dépendant » :


D’apparence pudique et moraliste (voire religieuse) l’abuseur envoie un message de fragilité. Soumis aux autres lorsqu’il s’agit de définir la relation il peut accepter la prédominance de son partenaire, inspirer la tendresse et le désir de protection ;
Il se lie fortement à sa victime sans fréquenter d’autres personnes.


Les relations sexuelles avec le partenaire sont rares ou inexistantes : l’objet du désir devient l’enfant car il se sent trop inadéquat pour se tourner vers d’autres femmes.


2. le type « agressif-dévorant » :


L’attitude ici est plutôt expansive, conquérante, méprisante de l’environnement social. Il montre une volonté de coloniser, de contrôler, de soumettre les autres en revendiquant la tyrannie et le despotisme.


On peut voir la violence verbale, physique et psychologique sous forme d’injures, d’humiliations, de mépris à l’égard des faibles, des femmes.


Il imposera sa loi sexuelle (et autre)sur tous ses sujets. Il est très craint, car l’abus sexuel sera accompagné souvent de sévices physiques graves.


Conclusions à propos de ces deux types d’abuseurs


Le point commun de ces derniers c’est une carence affective, un manque flagrant de stabilité et de continuité dans le contact avec la figure maternante.


L’enfant ne réussit pas à identifier comme source de satisfaction un ensemble de stimuli stables susceptibles de devenir un « objet aimé et aimant » réel.
Qu’ils soient actifs ou passifs, on peut qualifier sans hésiter les pères incestueux de pervers.


L’abuseur nie l’existence de l’autre et l’utilise à des fins purement personnelles.
L’abuseur ne poursuit qu’une seule envie, celle d’assouvir ses désirs personnels. Inconscient de ce qu’il fait subir à son enfant, il n’a aucun respect pour lui. Il y a une grande distance entre l’acte commis et ce que l’agresseur en perçoit, il se sent irresponsable.
 
 

2. LES VICTIMES


Tout d’abord une définition :


« La victime est un individu qui reconnaît avoir été atteint dans son intégrité personnelle par un dommage évident, identifié comme tel par la majorité du corps social. »


Caractéristiques de la victime :
 

  •   L’age moyen des victimes est variable mais la plupart se situent vers 12-13ans .
  •   Les caresses et les attouchements surviennent bien avant, vers 7-8 ans.
  •   La réalisation complète de l’acte sexuel a lieu la plupart du temps au moment de la puberté (Age ou le corps de la petite fille ressemble moins à une enfant et un peu plus à une femme. La féminisation du corps de l’enfant est le signal pour l’abuseur qu’il peut passer à une phase de réalisation puis d’installation dans la relation abusive.)
  • Certaines adolescentes imaginent que l’on voit leur honte inscrite sur le visage, et que personne ne peut les comprendre ni les aider.
  • Ces victimes sont privées d’enfance et grandissent dans une maturité forcée.
  • Elle porte le secret, la honte, la culpabilité.
  • La fille aînée est souvent la première à être abusée et le fait que
  • l’ abuseur puisse s’en prendre aux autres sœurs peut être à l’origine du fait que cette dernière dévoile cette situation incestueuse et n’accepte plus la situation.
  • Le sacrifice de la fille aînée doit servir à protéger ses autres frères et sœurs.


Si parfois ce qui est de l’ordre des apprentissages scolaires ou professionnels est préservé, on observe cependant des symptômes psychosomatiques liés à l’angoisse :

  • Peur d’étouffer ;
  •   Claustrophobie ;
  •   Terreurs nocturnes ;
  •   Enurésie ;
  •   Arrêt des règles ;
  •   Tentatives de suicide ;
  •   Anorexie.

 
Observation clinique qui signalent à l’extérieur que la victime est touchée dans son intégrité physique et dans l’image de son corps :

 

  •   Fatigue ;
  •   Perte de concentration ;
  •   Comportement non conventionnel ;
  •   Repli ;
  •   blocage ;
  •   Désintérêt ;
  •   Trouble de la mémoire.


Les variables suivantes peuvent influer à des degrés divers sur la personnalité de l’enfant victime :

 

  •   Le contexte et les circonstances familiales de l’abus ;
  •   Sa durée, sa fréquence, et sa nature ;
  •   L’installation et la progression de la situation abusive ;
  •   Les stratégies adoptées par l’abuseur ;
  •   La proximité relationnelle entre l’enfant et son abuseur ;
  •   Le climat et l’ambiance abusive ;
  •   Les degrés de pression, de coercition, de violence ;
  •   Le maintien du secret et la durée du silence ;
  •   Le niveau d’implication, de participation, de protection et de soutien du parent non abuseur ;
  • Le processus de révélation-dévoilement ( ces révélations mettent l’enfant à rude épreuve  perturbent son énergie intrapsychique et épuisent ses ressources psychologiques.) et les réactions de l’entourage
  • Les suites du dévoilement et l’adéquation du système d’intervention.


Pour pouvoir survivre à la situation abusive, la victime doit mobiliser
des mécanismes de défense qui biaisent l’expression de sa personnalité.


L’utilisation de ces mécanismes de défense exige une dépense d’énergie psychique aux dépends d’autres fonctions psychologiques (telles que la verbalisation, la mentalisation, l’imagination, la fantasmatisation, la créativité, la symbolisation, qui sont fondamentales à la structuration de la pensée).


Au risque d’éprouver une angoisse de morcellement ou d’anéantissement, l’enfant se défend en évitant de comprendre.

Il élabore des mécanismes de survie qui maintiennent l’événement réel hors de portée du champ de mentalisation.

La personnalité de l’enfant abusé est tributaire
de mécanismes d’identifications.


Dés lors qu’il doit faire face à ces dramatiques situations son registre d’entendement est confus et brouillé donc lorsqu’il devra faire face à une nouvelle expérience relationnelle ou sexuelle son passé traumatique ressurgira et il récupèrera les mêmes mécanismes symptomatiques défensifs qu’il avait l’habitude de mobiliser.


Cette reviviscence du vécu traumatique replonge l’enfant dans un système d’accommodation qui engendre une variété de symptômes post-traumatiques.

 


3. CONTEXTE FAMILIAL


Face à l’abus sexuel, l’enfant perd son statut d’enfant pour devenir de manière privilégiée (exclusive ou particulière ) la victime d’un abus de pouvoir adulte et/ou le partenaire d’une relation qu’il n’a pas désirée.


La gravité de l’abus sexuel est essentiellement caractérisée par:
 

  • les degrés de coercition,
  • les menaces,
  • le forçage violent,
  • la durée
  • la fréquence de l’activité abusive dans des contextes ou les transactions du système familial sont violentes ou perverses.

L’enfant devient « adultifié », il peut remplacer sa mère absente ou inconsistante auprès d’un père autoritaire et régressif qui envisage son enfant comme un partenaire sexuel à part entière.



Hormis le fait que le sujet victime d’abus sexuel présente des symptômes intrapsychiques à des degrés divers, l’inceste  engendre aussi des défaillances au sein du système familial qui se manifestent sur plusieurs niveaux :
 

  • La régression sociale dans la famille ;
  •   La perturbation en profondeur de la dynamique familiale ;
  •   L’absence de frontières entre les générations ;
  •   La vulnérabilité de la cohésion familiale ;
  •   La désignation de l’enfant comme symptôme ;
  •   La transmission d’un trauma.
  •   La victime(et la famille)est souvent isolée, avec un réseau social peu étendu.

 

 A l’intérieur de la famille, la victime a une position double:

  • celle de sacrifiée ;
  •  celle qui a une place privilégiée auprès du père(On pourrait croire que cette place privilégiée constitue un « bénéfice » secondaire pour la victime alors qu’elle n’est qu’un des verrous de la relation incestueuse ce qui l’oblige encore au secret !).

 
Le rôle qu’on a attribué à cette victime, de sauver la famille par son silence et son acceptation en la culpabilisant, peut lui donner l’idée qu’elle est effectivement responsable de la cohésion et de la stabilité de la famille, du bonheur des uns et de la souffrance des autres.


L’enfant devient un objet, victime de :
 

  •   La perversité d’un père ;
  •   L’indifférence d’une mère.


De la
victimisation, à la participation, en passant par l’accommodation (accommodation aux sévices est fondamentale au «  bon fonctionnement »du système abusif), l’enfant ne joue pas son rôle d’enfant, il devient« un autre », un objet, un jouet, un falsificateur de lui-même, et compromet sa propre identité.

L’enfant abusé prend une place privilégiée par rapport à sa fratrie et /ou sa mère.


Cette place suscite rejet et jalousie et envenime les interrelations familiales.
Le couple incestueux constitue une coalition, un sous-système familial, qui s’oppose au reste de la famille ou qui fonctionne en autarcie.

Il existe une inertie sociale, c’est-à-dire que les parents abuseurs furent eux-mêmes victimes un jour.


L’enfant n’a pas le droit de décevoir, sinon il devient le mauvais objet de la frustration du parent et la cible désignée de ses réactions hostiles, abusives et perverses.


Cette constellation familiale mise en orbite autour de nœuds problématiques, confine l’enfant à son rôle rigide qui est fondamental pour l’équilibre, précaire, du système familial.


La symptomatologie abusive de la famille repose alors sur le principe du bouc-émissaire ou de la victime sacrificielle.


Sa loyauté au groupe familial, au clan, se manifeste à travers les actes, les paroles, et le comportement de l’enfant dont les réponses se rigidifient d’une manière masochiste ou automatique.


La dynamique du système abusif et du secret est dés lors confondue avec un modèle figé de transactions déshumanisées qui correspond à un véritable abus de pouvoir sur l’enfant.


Ayant perdu son statut,  l’enfant s’efface en tant que sujet et peut dans certains conflits d’exercice du droit de visite et/ou de droit de garde faire l’objet d’un odieux chantage affectif  de la part de l’un de ses parents. Il est alors désigné comme le médiateur d’une situation conflictuelle. Ainsi dans certaines situations il est sacrifié par sa mère qui lui dénie le droit d’aimer son père.


Incompris parce qu’il souffre de la séparation parentale et qu’il capte l’agressivité maternelle il lui arrive d’exprimer son désarroi par des attitudes aberrantes.

L’enfant peut jouer un rôle de parent de son ou ses parents : il doit à la fois gérer l’infantilisme pervers de son abuseur et la surdité et la paresse psychoaffective de sa mère.


Extrait du site, et pour en savoir plus :

Dans la problématique qui consiste à déterminer le profil de l’abuseur sexuel,
.... La symptomatologie abusive de la famille repose alors sur le principe du
...

tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9900/bin58/profinc.htm - 30k
 

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À propos

Marie-Agnès Thulliez

Docteur en Sciences Neurocognitives, Psychotraumatologue, Praticien Sénior Certifié EMDR Europe.
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