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Marie-Agnès Thulliez : Guérir des blocages émotionnels.

Cerveau, EMDR, Traumas, Stress, Angoisses, Manipulateurs, Pervers Narcissiques...

Schizophrénie et troubles bipolaires (cours vidéo)


 Ridha Joober, M.D., Ph.D.



La schizophrénie et les troubles bipolaires, Ridha Joober, M.D., Ph.D. (questions/réponses) « Complexes mais rares :  École Mini Psy 2007 (en français...


Qu’est-ce que la schizophrénie ?

(Classifiée dans les psychoses, ne peut être traitée avec l'EMDR)



La schizophrénie est une maladie qui découle d’une modification du fonctionnement du cerveau. Elle n’altère pas l’intelligence. Ce trouble, qui touche 1 % de la population, atteint surtout de jeunes adultes au début d’une vie prometteuse et se prolonge pendant plusieurs années. La schizophrénie se manifeste par des épisodes aigus de psychose, suivis de divers symptômes chroniques constituant un handicap.

Quels sont les symptômes aigus de la schizophrénie ?

1-

Les hallucinations sont une distorsion des perceptions des sens. Le plus souvent, le schizophrène entend des voix qui le tourmentent, le font souffrir. Elles peuvent l’accuser, lui donner des ordres, le contrôler, le menacer…

2-

Le délire consiste en une modification du raisonnement qui amène à une conviction fausse. En quelque sorte, le délire est une théorie qui explique le monde inquiétant et angoissant dans lequel le schizophrène est plongé. Par exemple, l’individu peut être convaincu qu’il est persécuté, en danger, qu’on veut le tuer, ou qu’il est responsable des malheurs dans le monde.

3-

La perturbation de la logique de la pensée se manifeste par un langage incompréhensible, avec des associations d’idées décousues. On peut comprendre que le schizophrène, qui voit ainsi son monde chambardé, peut présenter un repli sur lui-même et un comportement désorganisé.

 


Quels sont les symptômes chroniques de la schizophrénie ?

Après contrôle de la phase de psychose aiguë, 80 % des schizophrènes souffrent de symptômes chroniques, qui constituent en fait l’absence d’un comportement adapté aux circonstances.

Voici en exemples quelques-uns de ces symptômes :


Manque d’expression des émotions, visage fixe, discours monotone.

Difficulté à maintenir une conversation, réponses brèves.

Manque d’intérêt, d’énergie, de persistance à effectuer une activité.

Perte de plaisir dans les loisirs, perte d’intérêt pour des activités sociales ou sexuelles, difficulté à nouer des relations intimes.

Difficulté à se concentrer, à écouter un long film, à maintenir une lecture.



Ces symptômes peuvent produire un handicap chez le schizophrène. Si celui-ci veut reprendre son travail ou ses études, il s’apercevra avec douleur qu’il n’a plus l’endurance ni la concentration qu’il possédait auparavant.


Quels sont les causes de la schizophrénie

Cette maladie ne peut s’expliquer par une cause simple. Par contre, l’hypothèse actuelle explique comment une vulnérabilité biologique existe. Dans le contexte d’un tel terrain prédisposant, des stresseurs de vie peuvent s’ajouter et favoriser l’apparition de la maladie.
(Voir tableau 1. Modèle vulnérabilité - stress)

 


Modèle vulnérabilité - stress de la schizophrénie


Tableau 1. Modèle vulnérabilité – stress de la schizophrénie
Source : Pierre Lalonde MD


La vulnérabilité biologique

On a remarqué que le risque d’être atteint de schizophrénie augmente si d’autres membres de la famille en sont atteints. Il y a donc une possibilité de transmission génétique.
(Voir tableau 2. Génétique et schizophrénie)

 


Génétique et schizophrénie

 


Tableau 2. Génétique et schizophrénie
Source : Pierre Lalonde MD


Les lobes frontaux du cerveau constituent le centre de commande des habiletés sociales et de planification chez l’humain. On a observé chez les schizophrènes un fonctionnement ralenti de cette région du cerveau.

Chez le schizophrène, on observe l’augmentation d’un neurotransmetteur, la dopamine. Chez les consommateurs de drogues hallucinogènes, par exemple, il y a production de symptômes psychotiques par stimulation de la dopamine.


Les stresseurs de l’environnement

Les stress créent un contexte intense, qui, chez les schizophrènes, favorisent des rechutes.

Les malades évoluent donc mieux dans un milieu supportif, faiblement émotif, peu stimulant, sans trop de demandes de performance. À l’opposé, l’hostilité, les relations humaines intenses et intimes, les pressions de l’entourage, les tensions au travail, les changements de routine sont des situations de stress qui peuvent provoquer des rechutes de schizophrénie.


Comment venir en aide au schizophrène


Le traitement

Les efforts thérapeutiques comprennent deux principes indissociables.

  1. La nécessité d’une médication antipsychotique.
  2. Une approche de réadaptation globale, multidisciplinaire.


La médication

Les neuroleptiques classiques bloquent la transmission de la dopamine dans le cerveau. Ces médicaments antipsychotiques parviennent à abréger l’évolution des hallucinations et du délire, lors des phases aiguës. En rémission, on poursuit néanmoins ce traitement dans le but de prévenir des rechutes. On a observé que 80 % des schizophrènes qui ne bénéficient pas de ce traitement préventif font une rechute en moins d’un an.
(Voir la tableau 3. Critères d’efficacité des antipsychotiques et la tableau 4. Schizophrénie et FEÉ - % de rechute après 1 et 2 ans)

 


Critères d'efficacité des antipsychotiques



Tableau 3. Critères d’efficacité des antipsychotiques
Source : Pierre Lalonde MD

 


Schizophrénie et FEÉ



Tableau 4. Schizophrénie et FEÉ - % de rechute après 1 et 2 ans
Source : Pierre Lalonde MD



L’approche globale…

Il est important de mobiliser tous ceux pouvant contribuer…

  • Les professionnels de la santé mentale
  • Les ressources sociales et communautaires
  • La famille, les amis

Le but commun est d’aider la personne atteinte de schizophrénie à se réadapter progressivement.

Il est fondamental d’offrir au schizophrène et à sa famille des informations contemporaines par rapport à la maladie, à son évolution et au traitement.

Le traitement vise à ce que le schizophrène puisse récupérer plusieurs aptitudes qui étaient présentes avant la maladie. Un entraînement aux habiletés sociales constitue donc l’un des fondements du traitement. Un effort commun pour apporter au schizophrène du soutien, des encouragements, de la stimulation graduelle est nécessaire pour l’aider à combattre les symptômes chroniques qui l’handicapent et minent sa motivation.
(Voir la tableau 5. Évolution de la schizophrénie et la tableau 6. Traitement-Réadaptation-Réhabilitation)

 


Évolution de la schizophrénie



Tableau 5. Évolution de la schizophrénie
Source : Pierre Lalonde MD

 


Traitement-Réadaptation-Réhabilitation



Tableau 6. Traitement-Réadaptation-Réhabilitation
Source : Pierre Lalonde MD


De nombreux groupes d’entraide ont été mis sur pied, un peu partout au Québec afin d’offrir information et soutien aux familles éprouvées par cette maladie. Plusieurs thérapeutes et psychiatres acceptent maintenant de rencontrer les parents pour répondre à leurs questions et leur offrir un appui face à cette situation difficile.


On note donc que la schizophrénie amène une invalidité partielle, fluctuante, et plus ou moins grave selon les individus. Il reste encore bien des progrès sociaux à faire pour offrir à ces malades un milieu propice à leur réadaptation. La recherche permettra de mieux comprendre la nature de cette psychose et de développer des stratégies de traitement plus efficaces.



Si vous désirez un complément en information, vous pouvez consulter :

La schizophrénie expliquée par Pierre Lalonde, MD et coll. Gaëtan Morin éditeur.

Vivre et travailler avec la schizophrénie par M. Seeman, S. Littmann, et coll. Edisem - Maloine éditeur.

 


Traitement-Réadaptation-Réhabilitation

Le modèle s’inspire de l’approche bio-psycho-sociale. C’est un cadre de référence souvent connu, mais pas nécessairement généralisé.


Le traitement consiste à diminuer ou faire disparaître les causes et les symptômes occasionnés par la maladie. C’est du domaine du savoir. L’équipe adapte une grande variété de moyens selon la maladie à traiter.


Il diminue les souffrances d’une personne et permet un meilleur fonctionnement psychique et social ; il rend la personne accessible à la réadaptation.


La réadaptation redonne à la personne les moyens d’agir en tenant compte de ses déficits et de ses capacités. C’est du domaine du savoir faire.


Il s’agit de faciliter la récupération ou le développement de fonctions cognitives et affectives et d’habiletés sociales et vocationelles nécessaires à l’autonomie dans le quotidien. L’objectif est de ramener le malade à un niveau optimal de fonctionnement autonome dans la communauté.


La réhabilitation redonne à la personne sa dignité, modifie la perception de ses rapports avec les autres et lui redonne le pouvoir d’agir (empowerment). C’est du domaine du savoir être. Il faut une action sociale pour atténuer le discrédit que la société accole à la personne souffrant de troubles mentaux et l’entrave dans l’accomplissement de rôles sociaux et dans son épanouissement. Comme le dit le dictionnaire, réhabiliter c’est " rétablir dans l’estime, la considération d’autrui " des malades stigmatisés et leurs parents culpabilisés.


Elles supposent la disponibilité d’intervenants habilités à proposer des buts, des stratégies adaptées et à offrir des moyens et techniques pertinents à chaque personne.


Publié par la Société Québécoise de la schizophrénie

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À propos

Marie-Agnès Thulliez

Docteur en Sciences Neurocognitives, Psychotraumatologue, Praticien Sénior Certifié EMDR Europe.
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